Publié en décembre 2012

Mode et déco 2.0 (magazine Tendances)

En pyjama, à minuit ou bien calée dans le sofa : il n’y a rien de plus facile que de faire du magasinage en ligne dans le confort de son foyer! Tendances vous livre les meilleures adresses pour dénicher des trouvailles et des trucs pour éviter les mauvaises surprises.

Plus de temps

L’achat en ligne permet de magasiner au gré de ses envies. Josiane Stratis, rédactrice en chef du site Tonpetitlook.com, l’a bien compris. «J’ai un horaire atypique. Avec l’école, les événements auxquels je dois assister et mon site, ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour magasiner. Alors j’achète le soir, en ligne.» Elle ne s’en passerait plus, elle qui achète «dès que sa carte de crédit le lui permet»!

C’est aussi pour sauver du temps que Marie-Ève Émond magasine sur Internet. La designer de la griffe Betina Lou y achète surtout des livres, des billets de spectacle et des voyages, mais succombe à l’occasion à des chaussures, des sacs et des accessoires mode. «Chercher sur le web, ça me permet d’avoir de l’inspiration pour ma collection. C’est bien aussi pour trouver des articles introuvables au Québec», note-t-elle.

Détails, détails, détails

La designer conseille de regarder les promotions -allô les aubaines!- et de vérifier la composition et la finition d’un article avant d’acheter. «On ne peut pas toucher alors j’essaie de savoir le plus de détails possible : la coupe, le tissu, sa longueur. Je prends aussi note des frais de livraison pour éviter les mauvaises surprises.»

Effectivement, ces derniers peuvent parfois être élevés. Le prix est généralement fixe par contre. On paiera par exemple 9,95$ pour toute commande sur le site de J.Crew ou 59$ pour un article de 500$ ou moins chez IKEA. Pour rentabiliser ses achats, on s’assure que les frais de livraison ne sont pas plus élevés que la robe commandée, ou on achète plus d’un article pour profiter de la livraison gratuite, comme c’est le cas avec les achats de plus de 75$ chez Boat People.
 
Des frais de douane peuvent s’appliquer lors d’un achat à l’international. Pour avoir une idée du montant à payer lors de la réception du colis, le site TheFinalCost.com (en anglais seulement) offre un outil en ligne pour calculer la facture.

Pour Josiane Stratis, il est aussi essentiel de bien connaître son corps pour magasiner en ligne. «Il faut savoir sa taille et quels vêtements nous vont bien. Je sais par exemple que la coupe péplum ne m’avantage pas du tout. Je m’en tiens loin sur Internet», illustre-t-elle.

Lèche-vitrine virtuel

La styliste Jessica Dalpé avoue de son côté ne pas acheter beaucoup en ligne. Par contre, le web est une de ses principales sources d’inspiration. «Je me tiens au courant des tendances et ça me donne des idées pour mes clientes», dit-elle.

Pourquoi alors ne pas acheter sur le web? «Souvent, les boutiques que j’aime ne vendent pas en ligne. Je trouve aussi les retours difficiles.» Elle craque néanmoins pour des articles de décoration, qui risquent moins de la décevoir. Etsy est SA référence pour la déco.

Pour éviter la cohue des magasins, l’attente d’une cabine d’essayage et la musique trop forte, Josiane Stratis est pour sa part prête à prendre le risque. Et si un article ne fait pas, elle trouve quelqu’un à qui ça irait dans son entourage. Réglés, les problèmes de retour!

Retour : Mode d’emploi

À chaque site web, sa politique de remboursement. C’est pourquoi il est important de consulter la section sur le retour et le remboursement des marchandises avant de procéder à l’achat. Les délais de retour, les frais associés et les formulaires à remplir (s’il y a lieu) sont à vérifier. N’hésitez pas à poser des questions au service à la clientèle si les renseignements ne sont pas clair.

Saviez-vous que…

- Au Québec, un adulte sur deux achète sur internet.
- En 2011, les hommes ont dépensé en moyenne significativement plus que les femmes sur Internet (377 $ comparativement à 280 $). À bas les clichés!
- Les 35-44 ans sont les plus friands d’achat en ligne. 78,7% d’entre eux sont des cyberacheteurs.
- Les vêtements, bijoux et accessoires se retrouvent en cinquième place des produits les plus achetés sur le web (33%), derrière les billets de spectacle (51%), les voyages (41%), la musique et les films (40%) et les livres, revues et journaux (35%).
- Les produits et services achetés en ligne ont représenté plus de 5,6 milliards $ en 2011 au Québec.

Sources : NETendances 2011, Le commerce électronique et les services bancaires en ligne, CEFRIO

Les adresses de Marie-Ève Émond

Etsy : Des designers indépendants de partout dans le monde y vendent leurs créations et des vêtements vintage.  «Je n’achète pas tant que ça, mais j’ai beaucoup de favoris!»
Boat People: Des vêtements d’inspiration rétro, faits à Québec. «Parfait pour encourager l’achat local.»
Marais USA : Bottes, ballerines et oxfords inspirés par le quartier parisien. «J’aime beaucoup leurs articles et ils ne sont pas disponibles à Montréal.»

La liste de Josiane Stratis

Chiccane : Une boutique virtuelle qui propose exclusivement des créations de designers canadiens et québécois. «Il ont les Yoga jeans, mes jeans préférés au monde!»
Aldo : La populaire griffe montréalaise a son magasin en ligne. «Leur livraison est rapide -dans les trois jours mais souvent le lendemain- et on trouve souvent des promotions.»
Asos : Le premier magasin en ligne de vêtements et accessoires de mode au Royaume-Uni et le deuxième le plus visité de la planète. «C’est bien pour trouver des vêtements pas encore sortis au Québec. Les frais de livraison sont toutefois dispendieux.»
MyUS : Pour quelques dollars, le site permet d’obtenir une adresse aux États-Unis. Après avoir transigé par cette adresse, le colis est expédié à notre domicile. «Mon secret pour commander un article qui n’est pas livrable au Canada.»

Publié en novembre 2012

Stratège web, l’entremetteur (La Presse)

Que fait un boutefeu? À quoi ressemble le quotidien d’un animalier ou d’un détective privé? Pour le savoir, La Presse les a rencontrés pour vous. Regard sur des métiers inusités, rares ou méconnus.

Qui dit nouvelles technologies, dit nouveaux métiers… et nouveau casse-tête pour expliquer son travail à sa famille! Jean-Sébastien Chouinard en sait quelque chose. Pour démêler un peu le tout – et pour que son père comprenne qu’il ne fait pas de sites internet -, ce stratège web a accepté de nous rencontrer.

Jean-Sébastien Chouinard ne s’attendait pas à aider les entreprises à améliorer leur présence sur l’internet quand il était petit. Normal, puisque le métier de stratège web n’existait pas encore. Il voulait plutôt devenir astronaute. C’est sa passion du web qui l’a fait changer d’avis.

Parcours branché

Après un baccalauréat en marketing et une maîtrise en intelligence d’affaires (pendant laquelle il a donné des conférences web), Jean-Sébastien Chouinard devient analyste d’affaires chez Desjardins. «Je travaillais dans un cubicule et j’haïssais ça! Quand je levais la tête et que je voyais les rangées de bureaux, j’avais l’impression d’être dans le roman 1984», se souvient-il.

En janvier 2007, il est embauché par Adviso Conseil ” Stratégie Internet comme stratège web. Il y est toujours, et occupe aussi les fonctions de chef d’équipe.

Chez Adviso, pas de cloisons. Tout le monde travaille dans la même pièce, quitte à se mettre des écouteurs quand c’est trop bruyant pour se concentrer. Le bureau de Jean-Sébastien Chouinard, lui, est personnalisé: le stratège web s’est créé «un mur de motivation». Photos de filles légèrement vêtues, slogans accrocheurs et mots de ses collègues lui avouant qu’il est leur idole lui insufflent de nouvelles idées, il est prêt à le jurer.

Travail d’équipe

Jean-Sébastien Chouinard détermine les besoins des clients et les attentes des utilisateurs de leur site. Son rôle est de s’assurer que les deux se rejoignent. Qui est l’utilisateur-type de mon site? De quelles fonctionnalités mon site a-t-il besoin? Telles sont les questions auxquelles Jean-Sébastien Chouinard répond.

Quand un client le consulte parce que son site internet ne fonctionne pas ou n’est plus au goût du jour, le stratège travaille de pair avec un ergonome web (qui voit où placer les différentes sections du site pour l’utilisateur) afin de trouver la meilleure solution. «Le site est scruté attentivement pour détecter où ça accroche», explique-t-il.

Une fois les besoins établis, ce dernier rédige son rapport. D’autres s’occupent du marketing, du référencement ou des médias sociaux. «Parfois, il y a un monde entre ce que les clients veulent et ce qu’ils peuvent avoir. Mais ils sont ouverts. De toute façon, s’ils ne veulent pas se faire brasser, ils ne font pas affaire avec nous!»

Selon lui, un bon stratège web a un sens politique aiguisé. «Mon métier en est un de relations humaines. Il faut parler avec le client, l’écouter et savoir comment aller le chercher.» Esprit d’analyse et créativité pour régler les problèmes sont aussi de mise.

Ambiance décontractée

Chez Adviso, il n’y a pas de code vestimentaire. «Je ne mets pratiquement jamais de complet, je n’ai pas besoin de me raser. D’ailleurs, la philosophie du patron, c’est work hard, play hard. On fait de longues journées, mais on n’a pas accès au serveur la fin de semaine. Ça reflète bien la mentalité de gestionnaire de la génération Y», estime Jean-Sébastien Chouinard.

Équipe soudée, métier innovateur et de plus en plus reconnu: on comprend pourquoi Jean-Sébastien Chouinard entretient avec son travail une de ses plus longues relations à vie.

Publié en septembre 2012

Laissez-moi vous parler de mon métier… designer funéraire (La Presse)

Que fait un boutefeu? À quoi ressemble le quotidien d’un animalier ou d’un détective privé? Pour le savoir, La Presse les a rencontrés. Regard sur des métiers inusités, rares ou méconnus.

Barbara Claus côtoie la mort depuis longtemps. Fascinée par le trépas depuis son tout jeune âge, cette artiste en art contemporain se présente comme une designer funéraire, et met l’art au service du souvenir.

«À quatre ans, on m’a empêchée d’assister aux funérailles de mon arrière-grand-mère. Je crois que mon intérêt pour la mort est parti de là», raconte l’artiste belge au tournant de la cinquantaine. Elle a ensuite passé son adolescence à photographier les cimetières.

À son arrivée à Montréal dans les années 80, elle se baladait souvent au cimetière de Côte-des-Neiges. Elle en a depuis visité beaucoup d’autres au fil de ses voyages, un peu partout dans le monde.

La mort à la sauce contemporaine

Comme artiste, tout son travail s’articule autour de la mort, de l’éphémère et de l’éternel. «Des sculptures du Père-Lachaise aux offrandes aux morts du Mexique, ces lieux m’ont inspirée à créer des oeuvres contemporaines. Depuis le décès de mon frère, presque tout de suite après mon déménagement au Québec, la mort ne m’a plus quittée. C’est pour ces raisons que j’ai décidé de concevoir des monuments funéraires», explique Mme Claus.

Les urnes et les pierres tombales de Barbara Claus détonnent. Sur du granite noir, toujours, elle grave au laser haute résolution des photos, des images ou des mots. Le résultat est très détaillé et extrêmement réaliste.

«Toutes les oeuvres sont uniques. Le processus prend des mois, puisque chaque monument est personnalisé», soutient la designer.

Le déroulement

Lorsqu’un client la contacte, Barbara Claus prend sa valise d’échantillons – des morceaux de granit gravé et une urne funéraire – et elle se déplace pour le rencontrer. Elle écoute ce que la personne recherche et en apprend le plus possible sur le défunt. «Je veux savoir son métier, ses passions, son caractère, tout! L’oeuvre doit refléter sa personnalité.»

Pour un enfant mort du cancer, elle a par exemple réalisé une pierre tombale avec sa photo et la partition de musique de sa chanson préférée, en plus de graver un de ses jouets dans la pierre.

C’est elle qui élabore le design. Elle passe ensuite le flambeau à une équipe de graveurs qui exécute ses idées.

«Je suis en avance sur mon temps. J’ai conçu une pierre tombale avec seulement le nom du défunt et un code-barres, mais ça n’a pas encore trouvé preneur. Mes oeuvres peuvent choquer», admet l’artiste.

L’industrie funéraire

Barbara Claus en a long à dire sur l’industrie funéraire. «Il y a tellement de règles! Tout est standardisé», déplore-t-elle.

Elle soutient que faire concurrence à de gros complexes funéraires n’est pas non plus une chose facile. «Ils offrent un service tout inclus, très abordable, de l’exposition à l’enterrement en passant par les mémentos. Ma démarche ne cadre pas avec cela. Je dois souvent me battre pour faire accepter mes idées.»

Et son monument?

Questionnée sur son propre monument funéraire, Barbara Claus avoue que son choix n’est pas arrêté: «J’aimerais que mes cendres soient dispersées, mais ça va à l’encontre de toute mon oeuvre! , dit-elle en riant. Sérieusement, on retourne souvent à nos racines lorsque l’on s’approche de la mort. Je voudrais être enterrée là où est mon frère, dans un petit cimetière de campagne en Belgique.»

Elle a encore le temps d’y penser: après tout, elle vit avec la mort au quotidien.

Publié en mars 2012

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine: la région remonte la pente (La Presse)

Après une longue période difficile sur le plan de l’emploi, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine se portent mieux que depuis les 30 dernières années. Quelque 9 000 emplois seront d’ailleurs à combler entre 2011 et 2015.

La crise de 2009 n’a pas trop affecté la région, principalement grâce à sa diversification économique. La récession s’est plutôt fait sentir cinq ans auparavant, avec la crise forestière et la fermeture des mines et des papetières, qui ont frappé de plein fouet la Gaspésie et fait très mal aux travailleurs.

Malgré tout, la Gaspésie affiche le plus haut taux de chômage au Québec, avec 12,4% en 2011. «C’est toutefois le meilleur résultat enregistré pour la région», explique Faoziat Akanni, économiste régionale pour Emploi-Québec. Le taux s’élevait à 14,8% en 2010 et à 17% en 2007.

Les chiffres au sujet de l’emploi sont aussi encourageants. «Plus de 8000 postes seront à pourvoir en raison des départs à la retraite, tandis que 1000 nouveaux seront créés d’ici 2015», assure Mme Akanni.

«Les années sombres sont passées. Nous avons réussi à freiner l’exode de la population, en particulier chez les jeunes, qui reviennent en Gaspésie ou choisissent de s’y établir», ajoute Gaétan Lelièvre, directeur du CLD Côte-de-Gaspé. On constate en outre un retour des baby-boomers dans la région, attirés notamment par la qualité de vie.

Diversité économique

«Trois secteurs d’activité caractérisent maintenant la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine: le domaine récréotouristique, les sciences et technologies marines et l’éolien», estime Roger Cyr, directeur régional du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation.

«Ce dernier secteur a permis de créer beaucoup d’emplois, notamment en fabrication et en recherche et développement», dit-il. Le Centre de formation en maintenance éolienne permet également de développer des expertises spécialisées, directement dans la région.

Le tourisme aussi est plus diversifié. «Le nouveau Centre de congrès de Carleton attire une clientèle d’affaires, tandis qu’Escale Gaspésie a permis d’augmenter le nombre de croisiéristes qui nous visitent», estime Gaétan Lelièvre. Ils seront d’ailleurs 32 000 à venir voir ce coin de pays en 2012, comparativement à 16 000 l’an passé.

Les centres d’appel, nombreux sur le territoire, continuent également de générer de l’emploi. «Près de 1000 emplois ont été créés grâce à eux», selon Roger Cyr.

Les services, qui occupent près de quatre travailleurs sur cinq, demeurent de leur côté la principale source d’emplois de la région.

Défis à relever

Comme la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine sont éloignées des grands centres, le principal défi de la région est sur le plan du transport.

«Il y a quelques années, le CN voulait fermer le tronçon de la voie ferrée compris entre Matapédia et Gaspé. Depuis ce temps, ce sont les municipalités qui se partagent les coûts. Même chose pour les quais, qui sont aussi payés par les villes. Le transport aérien, de son côté, est précaire et très dispendieux», déplore Gaétan Lelièvre. Pour l’instant, un billet Québec-Gaspé coûte entre 800 et 1500$.

C’est pour cette raison que, depuis deux ans, le CLD de la Côte-de-Gaspé travaille à implanter une coopérative régionale qui offrirait un service de desserte aérienne à Gaspé. Le projet prévoit l’achat ou la location d’un avion d’une quarantaine de places.

Projets à venir

Le Chantier naval Forillon de Gaspé a obtenu un contrat de 10,2 millions pour concevoir et construire un nouveau traversier ultra moderne qui desservira L’Isle-Verte et Notre-Dame-des-Septs-Douleurs, dans la MRC de Rivière-du-Loup. Ce projet fera travailler les 50 employés du chantier pendant environ un an, soit jusqu’au printemps 2013.

Comme son usine pilote d’extraction d’alumine à Cap-Chat est une réussite, la société Exploration Orbite devrait construire une usine commerciale près du gisement d’alumine, dont l’exploitation fournira du travail à plus de 100 personnes. Le projet frôle les 500 millions.

Gaspésie Diesel construira son premier projet ferroviaire de 3,5 millions. Il devrait être en opération à partir de l’été 2012. La mise en place de ce projet fait suite à des contrats de réparation de wagons que l’entreprise Gaspésie Diesel a obtenus au cours des récentes semaines. Une vingtaine d’employés seront embauchés lors du démarrage du projet.

Pour mieux accueillir les croisiéristes, trois projets, totalisant 15,4 millions, sont en préparation: une gare intermodale à Gaspé, un train récréatif Gaspé-Percé et une promenade à Chandler.

La cimenterie de Port-Daniel, un projet dont on parle depuis 20 ans, renaît également de ses cendres, puisqu’un groupe financier majeur serait déterminé à réaliser le projet. Ce dernier était évalué à l’époque à 410 millions.

Gaspésie

Superficie: 20 272,2 km2
Population: 93 130 personnes (2011)
Revenu disponible par habitant: 22 959$ (2010)
Taux de chômage: 11,5% (février 2012)
Nombre d’entreprises manufacturières: 128 (2009)
Solde migratoire interrégional 2010-2011: 99 habitants

Source: Institut de la Statistique du Québec

Publié en mars 2012

H2O à l’étude (la Presse)

La sécurité de l’eau et de son alimentation est avant tout une question de santé. Plusieurs études sont en cours à Montréal et dans les environs pour s’assurer que l’eau potable soit saine et réponde aux normes de la Santé publique.

«La Ville de Montréal entamera bientôt des travaux pour gérer les fuites dans son réseau de distribution de l’eau. Appelée sectorisation, cette procédure implique de fermer les vannes à certains endroits afin de colmater les fuites», explique Marie-Claude Besner, directrice du CREDEAU, le Centre de recherche, développement et validation des technologies et procédés de traitement des eaux de l’École polytechnique.

La sectorisation est un moyen efficace de réduire les pertes, de prolonger la vie des tuyaux et de baisser la facture de renouvellement du système. Par contre, la qualité de l’eau peut en souffrir, principalement parce qu’elle circule moins bien ou pas du tout à certains moments. La prolifération des bactéries, le dépôt de sédiments et la corrosion sont quelques-uns des problèmes qui peuvent être liés à la sectorisation.

Les études sur les conséquences de ce procédé sont rares. Le CREDEAU essaie de remédier à la situation. Dans les prochaines années, deux chercheurs et un étudiant au doctorat feront de la modélisation hydraulique et des enquêtes sur le terrain afin de comprendre les impacts réels de la sectorisation sur la qualité de l’eau.

Problèmes du plomb

En 2006, Montréal a mandaté une équipe pour mesurer l’ampleur du plomb dans l’eau. Plusieurs organismes se sont impliqués: les arrondissements et les villes liées, la Direction de la santé publique de Montréal, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec, la chaire industrielle CRSNG en eau potable de Polytechnique et la Division des laboratoires de la Ville de Montréal.

C’est à partir de leurs travaux qu’a été conçu le Plan d’action mis en branle par la Ville dès 2007. Montréal veut notamment éliminer les entrées de service d’eau en plomb sur l’île d’ici 2026.

Chutes de pression

Travaux à proximité, élévation du sol ou période de forte consommation: plusieurs facteurs peuvent faire baisser la pression du réseau de distribution de l’eau. Depuis 2005, le CREDEAU travaille de concert avec la Ville de Laval pour mesurer les impacts de ces baisses de pression sur l’eau potable.

«Encore une fois, deux chercheurs et un étudiant au doctorat étudient les risques de contamination de l’eau», explique Marie-Claude Besner. Des échantillons d’eau ont été prélevés par l’équipe qui a aussi installé des capteurs afin de mesurer la pression. La Ville a d’ailleurs apporté des correctifs à son système et investit massivement pour moderniser et mettre aux normes son réseau.

Publié en janvier 2012

Mobilité: Et que ça bouge! (Éditions Jobboom)

Téléphones intelligents, géolocalisation et applications en tous genres : pas de doute, la mobilité prend de plus en plus de place dans notre quotidien. Tour d’horizon de ce secteur en plein essor.

Vous ne sauriez vivre sans votre iPhone, Nexus ou Blackberry? Vous n’êtes pas seul! Plus de 4,6 milliards de cellulaires sont en utilisation dans le monde, dont 20% de téléphones intelligents, selon l’Étude sectorielle sur les services et applications en mobilité, publiée récemment par l’Alliance numérique. En 2009, la valeur du marché mondial des téléphones cellulaires dépassait la coquette somme de 96 milliards de dollars américains.

Si le Québec a déjà accusé un certain retard en matière de taux de pénétration du cellulaire, cette époque est révolue. «La province a maintenant un taux semblable aux autres provinces canadiennes, soit 68%», assure Pierre Proulx, directeur de l’Alliance numérique. En 2010, environ 4,3 millions de Québécois adultes possédaient un sans-fil.

Résultat : de plus en plus de compagnies d’ici se lancent dans l’aventure de la mobilité. C’est le cas de Vortex Solution, une entreprise de développement Web, qui y a vu une opportunité à saisir. «Les services mobiles permettent de rejoindre les clients partout, même dans leurs déplacements», raconte le président, Philippe Bertrand. La compagnie a entre autre développé des applications pour le promoteur de spectacles Evenko, l’agent immobilier Sutton et les Cinémas Guzzo.

Certaines firmes choisissent d’offrir une expertise ciblée pour se démarquer. Ainsi, la montréalaise GreenCopper se spécialise dans l’événementiel et est notamment derrière les applications des FrancoFolies, du Festival de Jazz de Montréal, de Pop Montréal et des Rendez-vous du cinéma québécois.

Après avoir réalisé des applications pour des clients, quelques entreprises développent en outre leurs propres services mobiles. La firme 2XM Interactive a ainsi récemment lancé sa première application maison, Umanity. «Celle-ci permet aux propriétaires d’iPhone de prendre une photo géolocalisée et de la diffuser instantanément sur le Web avec un court message», détaille le président et fondateur, Antoine Azar. Tel pont est-il congestionné en ce moment? Tel spectacle en plein air, très fréquenté? C’est le genre de questions auxquelles Umanity pourrait répondre.

Méchant contrat
Même si elles s’apparentent au Web et, dans certains cas, aux jeux vidéo, les applications mobiles sont des bibittes bien particulières. «Elles accompagnent les utilisateurs partout. Elles sont utilisées brièvement. Et elles solutionnent un problème ou fournissent un haut degré d’amusement, idéalement les deux», résume Antoine Azar.

Pour les développeurs, le défi est grand. «Les technologies sont nouvelles, on bouscule donc l’ordre établi. Il faut convaincre le client – autant de notre produit que du coût qu’il implique -, mais également convaincre les autres professionnels des TIC, habitués de travailler pour le Web. Or, reproduire un site internet sur une plateforme mobile sans l’adapter par exemple, ce n’est pas efficace», estime Philippe Landry, développeur mobile chez Techsolcom.

La multiplication des plateformes ajoute au casse-tête. Il existe en effet plusieurs systèmes d’exploitation : Apple utilise iOS pour ses produits, d’autres, comme Nexus, roulent sur Android (développé par Google). Windows et BlackBerry ont également leur porpre système d’exploitation. «Seulement sous Android, il y a plus de 170 formats de téléphones et de tablettes différents. L’interface doit pouvoir s’adapter à tous ces appareils», illustre Philippe Bertrand.

«Développer des applications natives, c’est-à-dire programmer l’application pour chacun des systèmes d’opération mobiles plutôt que de faire une application compatible avec tous les appareils, permet d’optimiser le résultat, mais demande plus de temps et d’argent», ajoute Gwenaël Le Bodic, président de GreenCopper.

Manque de bras
Tous les intervenants approchés sont formels : il y a de l’emploi en mobilité au Québec. «Nous recherchons constamment des développeurs de logiciels à l’aise avec toutes les plateformes», confirme Gwenaël Le Bodic. Les ingénieurs en logiciel, les développeurs mobiles et les techniciens en programmation sont particulièrement en demande.

«Idéalement, les candidats doivent aussi connaître les technologies Web, puisque la majorité des applications communiquent avec un serveur Web», ajoute Antoine Azar.

Mais pour se tailler une place, il faut être prêt à constamment approfondir ses connaissances. «Le livre “La mobilité pour les nuls” n’existe pas, illustre Philippe Landry. Il faut être capable d’inventer en mobilité et être bien au fait des dernières avancées.»

Faire ses classes

«La formation continue est le nerf de la guerre», explique Sylvie Gagnon, directrice de TECHNOCompétences, le comité sectoriel de main-d’œuvre des technologies de l’information et des communications. Pour cette raison, l’organisme a concocté en collaboration avec le CRIM (un centre de recherche appliquée en technologies de l’information) Développer pour iPhone et iPad. D’une durée de 18 heures, cette formation s’adresse aux programmeurs qui souhaitent créer des applications sous iOS. «Le besoin était criant», assure Sylvie Gagnon. Le cours affichait d’ailleurs complet à la session printemps 2011.

Depuis l’automne 2011, le Cégep de Sainte-Foy offre l’AEC Développement d’applications pour appareils mobiles. La formation, qui s’adresse aux programmeurs et dure 405 heures, couvre trois champs principaux: programmation de systèmes natifs; programmation Web mobile et programmation d’applications Web. «Le cours a été validé par des entreprises œuvrant en mobilité, comme Mirego et CGI, pour répondre aux besoins réels de l’industrie», précise Paul Thériault, directeur de l’établissement.

Les technologies du futur
À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines années en mobilité? Plusieurs nouvelles technologies se pointent déjà à l’horizon. «La norme NFC, communication en champ proche, permettra par exemple d’effectuer des achats avec son téléphone cellulaire», illustre Antoine Azar.

Après une timide percée, l’évolution des fonctionnalités permettra de plus en plus d’intégrer un volet participatif aux applications, selon Gwenaël Le Bodic. «Lors des dernières FrancoFolies, l’application [de l’événement] donnait par exemple la possibilité aux festivaliers d’ajouter une photo à la page d’un spectacle.»

La tablette numérique devrait en outre se tailler une place dans nos foyers. Selon l’entreprise américaine de conseil et de recherche Gartner, plus de 50 millions d’appareils seront vendus en 2011. En 2014, ce chiffre grimpera à 200 millions.

«Le secteur est en plein essor, résume Paul Thériault. Tout comme le jeu vidéo il y a quelques années, la mobilité devrait se développer de manière grandissante au Québec. Ce n’est que le début.» L’heure de gloire des gadgets est loin d’être terminée.

Portrait de la mobilité au Québec
Quelque 71 entreprises sont répertoriées dans le domaine
:
• 38% se retrouvent dans le segment des développeurs de contenu original;
• 32% font partie de la catégorie des solutions logicielles et services (recherche et développement, assurance-qualité, etc.)
• 24% sont des développeurs sous-traitants;
• Seulement 6 % des entreprises sont des opérateurs de réseaux de téléphonie mobile.

Environ 18 250 emplois sont directement liés aux services et applications mobiles:
• Les opérateurs (Vidéotron, Bell Mobilité, Telus, etc.) regroupent la majorité des emplois, avec près de 70 %;
• Les solutions logicielles et les services raflent 23 % des emplois;
• Les développeurs de contenu original comptent 6% des travailleurs;
• Les développeurs sous-traitants ne regroupent que 2 % des emplois du secteur.

Source : Étude sectorielle sur les services et applications en mobilité, Alliance numérique, février 2011.

Publié en novembre 2011

Virage à 180° – Du marketing au bistro (La Presse)

Ils ont étudié en biologie, en sciences politiques ou en droit. Aujourd’hui, ils sont musiciens, programmeurs de jeux vidéo ou éleveurs de canards. La Presse dresse chaque samedi leurs portraits et démontre que l’école ouvre bien plus qu’une porte.

Après 15 ans dans le domaine des ventes et du marketing, Éric Therriault a plaqué le monde des affaires pour ouvrir un bistro. Portrait d’un homme qui a décidé de tout laisser tomber pour devenir son propre patron et faire les choses à sa façon.

Ce n’est pas par passion qu’Éric Therriault a obtenu un baccalauréat en gestion des affaires à l’UQAM, en 1997. «Je viens d’un milieu familial humble. Ma mère a fait des sacrifices pour que je puisse poursuivre mes études. Pour cette raison, je voulais un emploi stable, alors je n’allais certainement pas étudier en histoire de l’art!», explique-t-il.

Pendant près d’une quinzaine d’années, Éric Therriault a cumulé les emplois en marketing et en ventes, notamment pour Gaz Métro et pour une entreprise de recouvrement de planchers.

La grande révélation

C’est lors d’un voyage en Italie avec sa conjointe pour célébrer leurs 10 ans d’amour que le déclic s’est produit. «Au retour, ç’a été un choc. Un dur constat s’est imposé à moi: j’étais malheureux au travail», relate Éric Therriault.

Il s’est alors remis en question. Il avait deux passions dans la vie: la moto et la bonne bouffe. C’est la gastronomie qui l’a emporté. «J’ai travaillé dans la restauration à l’université. En plus, mis à part ouvrir un concessionnaire, je ne vois pas trop comment j’aurais pu vivre de mon amour pour la moto!», explique-t-il.

«J’étais réticent au départ, j’avais peur du changement. C’est ma conjointe qui m’a convaincu», se souvient Éric Therriault. Cette dernière est tombée amoureuse d’une maison. Le Montréalais d’origine a ainsi quitté la ville pour ouvrir son bistro à Saint-Paul-d’Abbotsford, petit village de moins de 3000 âmes, en Montérégie.

«Comme je suis nouveau, je dois bâtir ma clientèle en allant chercher les gens du village un par un. Ma carrière en ventes m’aide beaucoup à le faire», constate-t-il.

Avoir une conjointe en relations publiques ne nuit pas non plus. «C’est elle qui s’occupe de la publicité et de la gestion des affaires.»

Éric Therriault regrette-t-il son changement de parcours? «Mon seul regret est de ne pas l’avoir fait plus tôt», assure-t-il, ajoutant qu’il adore le contact avec les gens.

«Je me sentais comme un numéro avant. Je suis maintenant libre de mes décisions. En plus, c’est tellement gratifiant de voir le résultat de ses efforts!»

Publié en octobre 2011

Les mille et un visages de l’innovation (La Presse)

Des employés libres de faire ce qu’ils veulent? Dans le Groupe PCMS, c’est une réalité, une journée par mois.

«Nous avons décidé d’instaurer ces journées pour favoriser la créativité de nos travailleurs», explique Stéphane Poirier, président de cette PME qui conçoit et intègre des solutions logicielles de gestion des ressources humaines dans les grandes entreprises.

Les 35 employés de la boîte de Montréal peuvent donc donner libre cours à leur imagination en ce qui a trait aux logiciels et présenter le résultat de leur cogitation à leur patron. Et les résultats se font sentir. «Nos prochains produits à sortir sur le marché ont été créés grâce aux idées de nos employés durant ces jours LAB», assure Stéphane Poirier.

Une solution bien accueillie par Jean-François Ouellet, professeur de marketing à HEC Montréal.

«Avec la production de masse et la mondialisation, il y a énormément plus d’offre que de demande. Et pour un bon produit, on a besoin de 3000 idées. Plus les employés d’une entreprise sont mis à contribution, plus l’environnement est propice à l’innovation», estime-t-il.

Marketing

Les Crevettes du Nord Atlantique prendront bientôt le virage 2.0!

L’entreprise de Gaspé installera en effet de nouveaux affichages numériques dans les supermarchés où ses produits sont disponibles. Collés à même la porte des frigos ou des congélateurs, ceux-ci permettront aux consommateurs intéressés d’en apprendre plus sur les crevettes et autres produits de la compagnie qui emploie 150 personnes.

L’entreprise a récemment reçu les conseils de Génération Inc. (l’émission, diffusée à V, aide les entreprises du Québec à développer leur plein potentiel).

«C’est un tout nouveau produit que j’ai conseillé aux Crevettes du Nord Atlantique», explique Sigrid Ellefsen, directrice régionale des ventes, marché d’affaires chez Telus et experte à Génération Inc.

«Le film transparent diffuse des photos et des vidéos en plus de pouvoir afficher des graphiques. Sa dynamique attire tout de suite le regard du consommateur», assure cette dernière. Une façon de rejoindre rapidement les clients là où ça compte.

Pour Jean-François Ouellet, le marketing mobile est aussi un aspect primordial pour les entreprises: «les gens consultent de plus en plus le Web avec leur téléphone ou leur tablette. Ils faut rejoindre les clients partout.»

Ventes

On le sait, les nouvelles technologies sont une voie intéressante pour les PME qui veulent innover. «Avec les tablettes, l’information est disponible en tout temps. Le bureau du futur, c’est en fait le bureau du présent», estime Sigrid Ellefsen.

Les propriétaires du restaurant iBurger de Montréal semblent l’avoir bien compris. Le concept d’Alexandre Maher, de Jonathan Cyr et de Frank Roche est simple: tout repas peut être commandé sur l’écran tactile interactif qui recouvre chacune des tables de l’établissement.

Chaque mets peut aussi être modifié selon les préférences des clients. Une innovation qui facilite et améliore les commandes, même si le menu, lui, reste traditionnel.

Selon les événements, des images ou des publicités ciblées peuvent être intégrées au logiciel.

Jean-François Ouellet conseille pour sa part aux entrepreneurs d’intégrer la notion de satisfaction de la clientèle dans leur processus de vente. «La rétribution des vendeurs de certaines entreprises est établie en partie selon le degré de satisfaction des clients à leur égard, explique-t-il. C’est ce que l’on appelle en anglais le customer advocacy.»

Il cite en exemple Bélair Direct. La compagnie d’assurances offre un outil sur son site web pour comparer le prix des polices d’assurance de ses compétiteurs avec le sien. «Ils ont réalisé que même s’ils n’offrent pas toujours le prix le plus alléchant, les clients restent en raison de leur franchise», précise-t-il.

Course effrénée

«Les PME du Québec souffrent du phénomène de la Reine Rouge (le personnage d’Alice au pays des merveilles qui courait pour rester à la même place), estime Jean-François Ouellet. Elles doivent faire beaucoup d’efforts uniquement pour ne pas se faire dépasser. Si elles veulent concurrencer les grandes entreprises par contre, elles devront réussir à courir plus vite qu’elles.» De là le besoin d’innover.

L’OPINION D’ALAIN LEMAIRE

L’innovation doit concerner toute l’organisation. Elle peut bénéficier à tous les secteurs, que ce soit la production, l’administration ou le marketing. L’innovation n’est pas l’affaire d’un seul responsable, d’une seule équipe, d’un expert ou d’un centre de recherche. Les connaissances et les expériences deviennent complémentaires, ce qui mène à la concrétisation d’un projet commun.

Chez nous, l’innovation a toujours été une valeur sous-jacente, parce qu’on a toujours cru que nos employés devaient être autonomes, responsables, imputables et qu’ils devaient démontrer de l’initiative et agir comme si l’entreprise leur appartenait. La responsabilité peut stimuler la créativité. On dit que la nécessité est mère de l’invention. Mais il faut donner à nos gens le droit à l’erreur. Autrement, personne ne va oser. Puis il faut reconnaître les bons coups, les récompenser.

Publié en septembre 2011

Boom de l’emploi dans l’industrie minière (La Presse)

Avec des milliers de postes à pourvoir et des salaires moyens de 80 000$ et plus, l’industrie minière regorge de possibilités. Et d’emplois!

Après avoir chuté de moitié en 2009, les dépenses en exploration minière explosent.

«Le secteur connaît un boom incroyable», assure Michel Bélanger, directeur général du Comité sectoriel de main-d’oeuvre de l’industrie des mines.

Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, les investissements miniers atteindront cette année le niveau record de 3 milliards.

Besoin de vous!

«Quelque 6000 nouveaux travailleurs seront requis d’ici à 2015», précise M. Bélanger. Le vieillissement de la main-d’oeuvre est un problème criant. «Nous remplacerons près de 30% des travailleurs des mines dans les années à venir», ajoute celui-ci.

Sans surprise, l’embauche se concentrera dans les trois régions traditionnelles des mines: le nord de la province, la Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue.

Gros projets à l’horizon

Plusieurs projets d’envergure s’amorceront cette année. ArcelorMittal investira 2,1 milliards pour agrandir son complexe de Mont-Wright et effectuer des travaux à Port-Cartier.

Plus de 800 millions seront injectés dans les installations de Rio Tinto Fer et Titane à Havre-Saint-Pierre et à Sorel-Tracy.

Xstrata développera également les mines Raglan au Nunavik pour 530 millions US.

«Les besoins des pays émergents font exploser le prix et la demande pour l’aluminium, le minerai de fer et le cuivre», explique André Lavoie, directeur des communications de l’Association minière du Québec. L’exploitation du fer pourrait créer, à elle seule, un millier d’emplois.

Plan Nord

Le dévoilement du Plan Nord par le gouvernement Charest cet été a été bien accueilli par l’industrie minière. «Celui-ci facilitera le développement nordique et l’accès aux ressources», assure André Lavoie. Il faut noter qu’on ne connaît que 40% du potentiel minier du Québec pour l’instant.

D’ailleurs, le Plan Nord a connu son premier résultat concret. La société minière chinoise Jilin Jien Nickel Industry investira 400 millions supplémentaires dans son projet d’extraction du nickel au Nunavik, dans lequel elle avait déjà injecté 400 millions.

Toute cette activité profitera aux emplois miniers.

L’industrie minière en chiffres

52000

Les mines, les fonderies, les affineries, les compagnies de forage et d’exploration et les centres de recherche génèrent 52 000 emplois directs et indirects.

80%

de l’emploi se trouve dans les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Nord-du-Québec et de la Côte-Nord.

250

Les activités minières rapportent 250 millions par an à Québec et comptent pour environ 1,6% du produit intérieur brut.

30

Une trentaine de mines sont présentement en exploitation dans la province.

85%

Plus de 85% des travailleurs miniers utilise une technologie de pointe, comme l’électronique, la robotique et les télécommunications.

7%

Les femmes représentent environ 7% de la main d’oeuvre. On les retrouve principalement dans des emplois techniques ou administratifs.

2,5km

La mine LaRonde, en Abitibi, a une profondeur de 2,5 km, soit plus de 14 fois la hauteur de la tour du Stade olympique de Montréal. Elle figure parmi les plus profondes au monde.

Des formations à la tonne

Les formations ne manquent pas dans l’industrie. Plus de 80 corps de métiers différents se côtoient dans les mines. Les compagnies minières engagent des mineurs et des géologues, mais également des infirmiers, des chefs cuisiniers, des conducteurs de camion lourd et des soudeurs.

Le mineur avec sa pelle et sa pioche est loin derrière! Aujourd’hui, l’industrie minière repose en grande partie sur le savoir et la haute technologie. Les opérations minières sont entièrement informatisées. Les ordinateurs et la micro-électronique sont utilisés dans tous les aspects du développement minéral : recherche, extraction, transformation, utilisation et recyclage des minéraux.

Modélisation géologique tridimensionnelle, contrôle à distance d’activités minières, véhicules automatisés pour usage souterrain, technologie des satellites pour l’exploration : les minéraux sont découverts et extraits à l’aide des technologies. Pas étonnant que les travailleurs miniers se spécialisent.

Vingt institutions d’enseignement offrent des programmes liés aux mines, du centre professionnel à l’université.

Publié en juillet 2011

Le télétravail: pas pour tout le monde (La Presse)

Le télétravail séduit. Près de trois Canadiens sur quatre (73%) affirment qu’ils changeraient d’emploi si un employeur leur offrait la possibilité de travailler de la maison, selon un récent sondage réalisé pour Workopolis.

Si le télétravail est de plus en plus populaire, celui-ci n’est toutefois pas toujours rose. Et ne s’adresse pas à tout le monde.

La vie de cubicule du lundi au vendredi, c’est terminé pour Simon Dancose. Depuis près de trois ans, le directeur du soutien technique des ventes chez IBM Canada abat en effet son travail de chez lui de deux à quatre jours par semaine.

Le bonheur des uns…

«Avec la téléphonie IP et les réseaux privés virtuels, on peut tout faire de chez soi, sans même que les clients voient une différence», dit-il. Les télétravailleurs peuvent avoir accès au serveur de l’entreprise, et les appels des clients sont automatiquement transférés à leur domicile. «Je suis plus productif à la maison, parce qu’il y a moins de distractions», ajoute ce dernier.

Les études tendent d’ailleurs à lui donner raison. «On note des gains de productivité de 10 à 30% lorsque le travail est accompli à domicile», assure Diane-Gabrielle Tremblay, professeure à la Téluq-Université du Québec à Montréal. Les employeurs y trouvent donc aussi leur compte.

Les télétravailleurs sont également plus libres de leurs horaires, ce qui réduit le taux d’absentéisme au bureau en plus de faciliter la conciliation travail et famille. Le projet de recherche du CEFRIO sur le télétravail est d’ailleurs éloquent: 97% des télétravailleurs se disent satisfaits de ce nouveau mode d’emploi.

…le malheur des autres!

Nadia Seraiocco, conseillère en communication Web et médias sociaux qui a tenté le télétravail à quelques reprises, met par contre un bémol à tout cet enthousiasme. «J’étais plus efficace à la maison, oui, mais je travaillais tout le temps. Si j’avais le malheur de vérifier mes courriels à 10 heures le soir, c’est certain que je me remettais au travail», dit-elle. Il y a donc un juste équilibre à atteindre.

Diane-Gabrielle Tremblay déboulonne aussi le mythe de la mère travaillant à la maison avec son bébé sur les genoux: «Le télétravail permet de concilier boulot et famille, pas de vivre les deux à la fois!», précise-t-elle.

Le télétravail reproduit en tous points l’environnement de travail, sauf pour les contacts humains. Un détail qui peut peser bien lourd pour certains. Être isolé et ne pas connaître les derniers potins fait d’ailleurs partie des points négatifs du télétravail, selon Simon Dancose. «Certains collègues viennent occasionnellement au bureau pour contrer cette réalité. Une rencontre mensuelle avec le gestionnaire brise aussi la solitude», note par contre ce dernier.

La voie d’avenir?

Bien que le phénomène soit difficile à quantifier, le travail à distance répond à des préoccupations très actuelles. Les casse-tête routiers, le coût des loyers dans les tours à bureaux et l’environnement sont autant de raison d’adopter le télétravail.

Au Québec, on compte de 5 à 8% de télétravailleurs. «Si l’on ajoute ceux qui travaillent à domicile sur une base occasionnelle, ce taux grimpe plutôt aux environs de 20%», note Diane-Gabrielle Tremblay.

Pour faciliter la transition du bureau à la maison, ceux qui sont tentés par l’aventure devraient avant tout s’entendre avec leur employeur sur les modalités (heures de travail, pauses, rencontres, échéanciers, etc.) pour éviter les malentendus et les déceptions. Ensuite, bonjour le travail en pantoufles!