Publié en janvier 2016

Régler les différends ailleurs qu’au tribunal (La Presse)

L’année 2016 marque l’entrée en vigueur d’une réforme majeure du Code de procédure civile au Québec. La Presse Affaires s’est entretenue avec la ministre de la Justice Stéphanie Vallée pour savoir ce qui a motivé cet important changement.

L’envie de réformer le Code de procédure civile ne date pas d’hier. « Vers la fin des années 1990 et au début des années 2000, on a constaté que la population se désengageait du système de justice. Il y avait un certain décrochage judiciaire de la part des citoyens », explique Mme Vallée.

Un long processus

Un comité de révision de la procédure civile a remis le rapport intitulé Une nouvelle culture judiciaire en 2001. « Ce rapport a amené à revoir la façon dont la justice se vivait, et la façon dont elle se déployait. Certaines réformes ont été appliquées en 2002, 2004 et 2009 », souligne Stéphanie Vallée.

« En 2012, Jean-Marc Fournier a déposé un avant-projet de loi sur le nouveau Code de procédure civile, qui a donné lieu à d’importantes consultations au cours de l’hiver. J’étais alors vice-présidente de la Commission des institutions et j’y ai participé. »

Par la suite, le projet de loi 28 a été déposé par son prédécesseur, Bertrand St-Arnaud. Ce projet de loi a été adopté en février 2014. Plusieurs intervenants, dont le Barreau du Québec, ont apporté leur concours à la réforme.

« La révision de la procédure civile s’imposait. Avec les avancées technologiques et les changements mis de l’avant dans les dernières années, il y avait un grand besoin de revoir la procédure, ne serait-ce que pour réduire le nombre de dossiers qui se retrouvaient devant les tribunaux. » – Stéphanie Vallée, ministre de la Justice

Changement de culture

La réforme ne touche pas que les procédés. Elle revoit l’esprit du Code. « La nouvelle culture qu’instaure le nouveau Code est très importante. C’est une nouvelle philosophie que l’on retrouve à l’article 1 du Code, soit l’obligation de considérer d’autres modes de prévention et de règlement des différends », précise la ministre.

Pourquoi ce changement ? La ministre le répétera souvent au cours de l’entretien : pour permettre une meilleure accessibilité à la justice et donner l’occasion aux citoyens de comprendre et de s’approprier le système de justice du Québec.

Au moment où survient un conflit, les parties auront l’obligation de considérer d’autres façons de le régler avant d’entreprendre un processus judiciaire à la cour. Y a-t-il lieu, par exemple, d’employer la négociation ? « On est plus familiers avec la médiation en matière familiale, parce que ce moyen s’est imposé dans les années 2000. La médiation est aussi fort utile pour résoudre un litige commercial, par exemple. Même chose pour l’arbitrage. »

Pour désengorger le système, le seuil d’admissibilité des petites créances a aussi été augmenté.

« L’utilisation de la négociation, de la médiation et de l’arbitrage réduit les aspects négatif du processus judiciaire. » – Stéphanie Vallée, ministre de la Justice

« Le niveau de stress et le temps à consacrer au dossier sont moindres. Ça amène aussi les parties à participer à la solution plutôt que de la subir. »

Nouveaux pouvoirs et modernité

De nouveaux pouvoirs ont été accordés à la Cour du Québec, qui pourra intervenir sur les questions de garde d’enfant et de droit de la famille dans les dossiers de protection de la jeunesse. « La Cour supérieure avait auparavant la compétence pour statuer sur la garde d’un enfant et la pension alimentaire lorsque les parents se séparaient, tandis que la Cour du Québec intervenait dans les dossiers de protection de la jeunesse. »

Les modes de signification des procédures ont aussi été modifiés. Les huissiers auront donc un rôle accru. Et le système de justice commence une lente modernisation. « La signification par différents moyens technologiques, comme le courrier électronique, est maintenant reconnue. L’utilisation de la vidéoconférence est aussi permise. On s’adapte aux nouvelles réalités. »

Le système remplace surtout la culture d’affrontement par celle de l’entente. Après tout, ne dit-on pas que la pire des ententes vaut mieux que le meilleur des procès ?

Publié en août 2015

Vivriez-vous dans moins de 1000 pieds carrés ? (Avenues)

Antithèse du rêve américain, la mini-maison (qu’on appelle tiny house en anglais) a vu le jour au début des années 2000 chez nos voisins du Sud, mais a véritablement pris son envol après la crise immobilière de 2008. Le mouvement fait maintenant une percée au Québec.

Qu’est-ce qu’une mini-maison?

Phénomène occidental, la mini-maison a une superficie de moins de 1000 pieds carrés. Il existe également des micro-maisons, qui ne dépassent pas la barre des 500 pieds carrés. C’est tout un changement quand on sait qu’au Canada, la maison unifamiliale moyenne compte 1900 pieds carrés. Au sud de la frontière, celle-ci mesure 2679 pieds carrés.

On retrouve des mini-maisons construites sur roues (alors considérées comme des remorques qu’il faut immatriculer), sur pieux ou sur fondations. Certains modèles sont faits de modules préfabriqués, ou même avec d’anciens conteneurs. Le style varie, mais les matériaux recyclés sont souvent à l’honneur. Leur prix est généralement abordable, de 40 000 à 100 000 $.

Est-ce pour vous ?

Accès à la propriété, endettement, surconsommation, environnement : la mini-maison semble être la solution à bien des problèmes. Si la maison lilliputienne s’adresse à tous, elle charme surtout les baby-boomers et les jeunes. À l’approche de la retraite, les premiers ont tendance à réévaluer leur mode de vie. Vendre leur demeure leur donne l’occasion de payer comptant une maison plus petite… et d’ainsi mieux profiter de la vie.

La mini-maison permet également aux jeunes adultes d’accéder à la propriété sans se ruiner. Les plus écolos d’entre nous sont aussi attirés par le phénomène, l’exiguïté des lieux réduisant considérablement la facture énergétique. Sans compter que la somme des matériaux nécessaires à la construction d’une maison deux fois plus petite que la moyenne est moindre, ce qui réduit du même coup l’empreinte environnementale.

Les municipalités encore réticentes

Les intéressés par une maison minuscule pourraient toutefois avoir de la difficulté à trouver un terrain où s’installer. Lanthier, dans les Laurentides, a néanmoins modifié sa réglementation, faisant passer la taille minimale d’une habitation de 750 à 350 pieds carrés. Le premier projet de mini-maisons, Les Hameaux de la Source, piloté par l’entreprise Habitat Multi Générations, a reçu le feu vert de la municipalité.

Le projet est conçu en P3D, pour projet de développement domiciliaire durable. La moitié de la superficie du P3D est conservée à l’état naturel ou utilisée pour un aménagement collectif. Le reste est occupé par des ensembles de six lots, appelés hameaux. Astucieux, le regroupement permet de partager les coûts de certains services municipaux, comme la fosse septique. Au centre, un espace collectif peut être utilisé comme serre, comme poulailler ou comme terrain de jeux pour enfants.

D’autres entreprises d’ici développent des mini ou même des micro-maisons. C’est le cas de Lumbec, qui a présenté son joli modèle au premier Festival des mini-maisons, qui se tenait les 24, 25 et 26 juillet derniers. L’initiative vient du site web http://www.minimaisonquebec.com, qui se targue d’être le portail du mouvement dans la belle province.

Habitations Microévolution offre aussi de menues maisons clé en main. Malgré ces quelques initiatives, les villes du Québec demeurent frileuses face au phénomène. Les réglementations tardent à être modifiées. Le propriétaire de Lumbec invite de son côté les gens à envoyer une lettre à leurs élus pour leur démontrer les avantages de la mini-maison et leur signifier leur intérêt pour une maison miniature.

La mini-maison compte de nombreux bons côtés. Mais vivre dans un espace si restreint ne convient pas à tout le monde. Le texte très rigolo de Lauren Modery à ce sujet, «Dear people who live in fancy tiny houses» (malheureusement disponible en anglais seulement), résume d’ailleurs bien les inconvénients de ce mode de vie.

Publié en mai 2015

L’école du XXIe siècle (La Presse)

À quoi ressemble l’école idéale des adolescents? C’est la question qui a été posée aux étudiants de l’école secondaire Alexandria Area High Scool (AAHS), au Minnesota. Et le résultat, conçu selon leur vision, n’a rien à envier aux bureaux les plus cool du monde.

En 2010, la commission scolaire d’Alexandria a voulu remplacer son école secondaire vieille de 50 ans par un établissement du 21e siècle, semblable au campus de Google. « Nous avons dû trouver comment concevoir une école qui sera encore pertinente dans 100 ans, dans un futur inconnu. La flexibilité a été la clé », dit John Pfluger, l’architecte de Cunningham Group Architects responsable du projet.

Les classes traditionnelles avec tableau noir ont fait place à des salles ouvertes, configurables selon les besoins, où la créativité est encouragée et la technologie, accessible.

Une école branchée

Les nouvelles technologies sont d’ailleurs au coeur du projet. « Un des objectifs principaux était de les rendre disponibles en tout temps à l’ensemble des étudiants et du personnel », explique Dan Miller, de JLG Architects, qui a aussi planché sur la conception de l’école.

À l’ouverture l’automne dernier, tous les élèves ont reçu un ordinateur portatif Chromebook, qui est intégré dans le programme de chaque matière. Comme les données sont sauvegardées dans le nuage, les jeunes peuvent travailler sur leurs projets en groupe, mais aussi à distance, une fois rentrés à la maison. Les aires communes sont également équipées d’affichage et de tableaux interactifs qui s’intègrent avec leur Chromebook personnel.

Un environnement ouvert

L’AAHS est composée de six petits environnements insonorisés, qui se connectent à un espace qui regroupe une cafétéria, un théâtre et un espace social. Tout est ouvert, jusqu’aux murs de verre, tandis que le mobilier est conçu pour être facile à déplacer.

L’institution comprend une zone pour les beaux-arts, une salle de spectacles et des gymnases. Des académies (équivalant à nos écoles professionnelles) sont également sur place.

La salle de classe, elle, est modulable, et les enseignants se déplacent dans l’espace qui correspond le mieux à la leçon à apprendre. « Si les étudiants doivent résoudre un meurtre (imaginaire, évidemment) en utilisant leurs connaissances scientifiques, puis poursuivre l’affaire avec ce qu’ils ont retenu du système judiciaire, à quoi pourrait bien ressembler l’espace? Et s’ils apprennent par la collaboration et le partage d’idées, pourquoi la classe ne ressemblerait-elle pas à un café? On s’est creusé les méninges pour répondre à ce genre de questions. Le résultat est plus près du campus universitaire ou d’un bureau à aires ouvertes que d’une salle de classe », constate Dan Miller.

Mais est-ce qu’un espace ouvert fonctionne avec 1400 élèves? « Absolument », affirme Chad Duwenhoegger, directeur de l’AAHS. Selon lui, enseignants et étudiants donnent leur maximum parce qu’ils apprennent ensemble et non en petits groupes dans une classe.

À l’extérieur, le campus regroupe toutes les activités extérieures de la commission scolaire (football, soccer, tennis, baseball et autres) en un seul endroit.

Une vision commune

Cette école du futur ne s’est pas construite toute seule. Plus de 100 personnes – étudiants, personnel enseignant, parents et membres de la communauté – ont travaillé de concert avec les architectes pendant une semaine. « Nous avons écouté leurs idées, se rappelle John Pfluger. Nous avons ensuite créé des modèles avec eux et nous avons conçu l’école en fonction de ce qu’ils recherchaient. » Les élèves ont aussi été impliqués dans chaque étape du projet.

Le résultat? Des jeunes plus engagés que jamais. « Ils ont immédiatement pris possession de l’espace parce que c’est exactement celui qu’ils voulaient, croit M. Pfluger. En sortant l’apprentissage de la classe traditionnelle, les enseignants ont aussi plus d’impact sur les étudiants. » Voilà qui donne (presque) envie de retourner à l’école.

Publié en novembre 2014

Jean Charest, l’avocat globe-trotter (La Presse)

Comme bien des premiers ministres avant lui, Jean Charest a été très courtisé par les grands bureaux d’avocats après son départ de la politique. Il a finalement posé ses pénates chez McCarthy Tétrault, en janvier 2013.

«J’ai été impressionné par toutes mes rencontres. Il faut dire que je n’avais pas pratiqué depuis 28 ans, et dans une branche différente. Les cabinets sont de plus en plus sollicités pour les grands projets, c’est stimulant. McCarthy est un bureau très enraciné ici, centré sur l’industrie et lié au développement du Québec et du Canada», souligne l’ancien premier ministre pour expliquer son choix.

Celui-ci occupe aujourd’hui les fonctions de conseiller stratégique. «J’ai une connaissance assez large de certains secteurs. Je connais bien l’environnement, les affaires, le droit international. Comme conseiller stratégique, je dois trouver les réponses à différentes questions. L’important n’est pas de donner les réponses immédiatement, mais plutôt de savoir où les chercher», explique Jean Charest.

Son premier mandat chez McCarthy? Assister la société minière Teranga Gold dans ses négociations avec le Sénégal, où la société exploite une mine d’or. «Je dirigeais l’équipe de négociation en Afrique. Ce qui devait durer deux semaines a finalement pris trois mois. C’était une expérience enrichissante. J’ai beaucoup appris», estime-t-il.

Depuis, il a aussi été conseiller pour un dossier de l’Organisation de l’aviation civile internationale et a donné de nombreux discours et conférences. «Les autres mandats sont confidentiels, je ne peux pas vous en parler», ajoute toutefois l’ancien politicien.

Une expérience politique encore utile

Les connaissances acquises dans son ancienne vie lui sont encore très utiles, selon lui. «Ça me permet de bien comprendre la dynamique d’un gouvernement. Pas seulement celui du Québec, les gouvernements étrangers aussi. J’ai une base de comparaison. Je sais aussi comment les décisions sont prises», estime-t-il.

S’il ne s’exprime pas publiquement sur la politique, ses collègues lui posent néanmoins des questions. «Ils sont curieux, évidemment, ils me demandent souvent des conseils. Je leur raconte mes nombreuses anecdotes. Après toutes ces années, j’en ai beaucoup!», dit-il en nous gratifiant de son grand rire.

Il admet du même souffle qu’il trouve que le gouvernement actuel fait très bien les choses. «J’ai vu Philippe Couillard en Chine la semaine dernière et je pense que les Québécois auraient été très fiers de lui.»

Un horaire bien rempli

Au cabinet, le juriste ne fait pas cavalier seul. Quelques collègues, dont Grégory Larroque, travaillent pour lui afin d’«essayer de combler la demande». «En quittant la vie publique, on s’inquiète, on se demande si on aura assez de travail. Finalement, je dois refuser des offres. C’est nouveau pour moi, je n’étais pas habitué à dire non en politique», admet Jean Charest.

Son horaire a d’ailleurs de quoi donner le tournis. «Je voyage partout dans le monde. J’étais en Chine la semaine passée pour présider un atelier dans le cadre du programme du Conseil de la fédération. Je suis ensuite allé à Hong Kong, où j’avais une rencontre. J’en ai profité pour visiter ma fille qui habite là-bas. Je ne suis revenu qu’hier à Montréal, mais je pars à Québec ce soir, puis je m’envole vers Toronto demain. Je vais aux États-Unis bientôt aussi.» Jean Charest continue, énumère ses activités jusqu’en 2015, avant d’avouer qu’il a des plaintes à la maison à ce sujet.

«Mon plus grand défi aujourd’hui est le temps. J’en manque sans arrêt.» Jean Charest a peut-être pris sa retraite de la politique, il ne se contentera pas de faire du «9 à 5» pour autant.

Publié en mars 2014

Jouer pour se faire embaucher (La Presse)

Imaginez la scène. Vous êtes convoqué à une entrevue d’embauche. Vous arrivez, vêtu de vos plus beaux habits, quelques minutes à l’avance. Après s’être présenté, le patron vous remet une tablette et vous demande de jouer à un jeu. Une heure plus tard, on vous annonce que vous êtes embauché. Un scénario farfelu? Pas pour Knack, une petite entreprise qui conçoit des jeux vidéo d’embauche.

Guy Halfteck a voulu réinventer le processus d’embauche après avoir essuyé un refus pour un poste qu’il convoitait, malgré de nombreux tests et entrevues. Aidé d’une équipe de chercheurs en neurosciences, de designers de jeu et d’ingénieurs en électronique, il a développé des jeux qui misent non pas sur le parcours de la personne, mais bien sur ses habiletés. C’est ainsi que Knack est né en 2010.

Pleins feux sur les forces du candidat

Le président de l’entreprise de Palo Alto croit que les deux jeux vidéo de sa compagnie, Wasabi Waiter (où un serveur dans un restaurant de sushis doit choisir quels plats servir) et Balloon Brigade (un genre d’Angry Birds frénétique), sont la solution aux problèmes des ressources humaines.

«Nos jeux récoltent une panoplie de données, de la personnalité du candidat à son profil, en passant par sa capacité à prendre des décisions sous pression», explique-t-il. «Le succès ne dépend plus de l’école où vous êtes allé ou de vos expériences passées. Il dépend plutôt de vos forces.» L’algorithme mesure notamment l’intelligence émotionnelle, le goût du risque et la capacité d’adaptation.

Guy Halfteck n’est pas le seul à penser ainsi. Google, par le biais de son chef des ressources humaines Laszlo Bock, confiait récemment au New York Times que le géant de l’Internet s’intéresse beaucoup plus à la capacité d’apprendre et aux habiletés des aspirants qu’à leurs résultats scolaires.

Les jeux vidéo seraient en plus une belle façon d’attirer la convoitée génération Y, qui a grandi dans un univers numérique, en rendant le processus d’embauche ludique. Le candidat débloque des récompenses en jouant, et découvre en même temps qu’il est consciencieux, stratégique, ouvert d’esprit, etc.

Et les jeux de Knack ne servent pas qu’aux postes d’entrée. «Nous personnalisons nos applications selon le profil recherché. Elles peuvent être utiles pour embaucher des vendeurs, des gérants ou pour dégoter des candidats qui innovent», assure Guy Halfteck. Certains hôpitaux américains, dont le NYU Medical Center, utilisent Wasabi Waiter pour engager leurs chirurgiens. Rien de moins. Shell fait aussi appel à leurs services.

Knack n’est pas seule dans ce créneau lucratif. D’autres start-ups, comme ConnectCubed, misent sur la ludification du recrutement.

De l’argent à gagner

Ron Fine, un des associés d’OpenTrust, une compagnie de recrutement basée à Toronto, a immédiatement vu le potentiel de Knack en lisant un article sur eux. «Knack égalise les chances en éliminant le facteur humain, bien suggestif, du processus d’embauche. Le jeu permet par exemple d’engager un postulant moins expérimenté qui possède néanmoins les qualités recherchées par l’organisation», estime-t-il.

«Knack a aussi un impact bénéfique sur les finances des entreprises, en jumelant plus efficacement le bon candidat au bon emploi. Il réduit le nombre de mauvaises embauches, qui requièrent beaucoup de temps et de ressources. Il réduit également la longueur du processus d’embauche.»

Bon pour tous?

Si elle admet que les habiletés se mesurent bien par le biais du jeu, Anne Bourhis, professeur titulaire au Service de l’enseignement de la gestion des ressources humaines à HEC Montréal, apporte tout de même un bémol. «Les jeux vidéo sont parfaits pour les jeunes qui sont nés avec une manette dans les mains. Les candidats plus expérimentés peuvent par contre avoir de la difficulté avec ces logiciels», dit-elle. Pour que le jeu soit efficace, Anne Bourhis souligne aussi qu’il faut définir clairement les compétences recherchées.

La professeur croit en outre que les interactions (face à un client par exemple) sont plus difficiles à évaluer avec un jeu vidéo. «Pour savoir si une personne s’intégrerait bien à l’équipe, une entrevue est plus appropriée.»

C’est aussi l’avis de Vito Calabretta, directeur général d’Accenture Montréal. La compagnie a également développé un jeu vidéo, mais celui-ci ne remplace en rien l’entrevue. C’est un complément. «Le jeu permet de connaître Accenture. Les postulants ont plus d’informations sur notre entreprise, savent notamment où se déroulera l’entrevue et avec qui.»

Des inquiétudes que Guy Halfteck balaie du revers de la main. «Ce n’est pas le pointage final qui compte dans nos jeux, c’est la façon d’y parvenir. Même quelqu’un qui n’a jamais joué à un jeu vidéo peut gagner avec Knack.»

En plus de pratiquer sa poignée de main, lire sur l’entreprise et réviser ses cours universitaires, faudra-t-il bientôt jouer avec sa Xbox ou son iPad pour bien se préparer avant une entrevue?

Au-delà de l’embauche

Les jeux vidéo ne servent pas qu’au recrutement. La ludification (gamification en anglais), qui consiste à intégrer des mécanismes de jeu dans d’autres domaines, touche d’autres sphères du travail. Voici trois autres exemples d’utilisation des jeux sérieux en entreprise.

Attirer les jeunes
Le jeu sérieux Reveal a été lancé en 2010 par L’Oréal avec l’ambition de découvrir de nouveaux talents. Ouvert aux étudiants du monde entier, la plateforme leur permet de se familiariser avec l’entreprise en participant au lancement d’un nouveau produit, de la naissance d’une idée au lancement sur le marché, en passant par la production. Les jeunes peuvent découvrir certains métiers par la même occasion. Les candidats circulent virtuellement dans les bureaux de L’Oréal et sont classés à l’échelle mondiale selon le nombre de points accumulés. Les plus doués décrochent ensuite un stage au géant des cosmétiques.

Intégrer les nouveaux employés
Vous êtes propulsé en 2505, sur une planète abandonnée. Votre mission est de développer une banque qui pourra répondre à tous les besoins de la population. Malgré la prémisse, le jeu StarBank mis au point par BNP Paribas est tout ce qu’il y a de plus sérieux. La banque française vise ainsi à faire découvrir ses activités, en plus de communiquer les valeurs et la philosophie de l’entreprise aux nouvelles recrues. Le joueur développe des services (immobilier, crédits structurés, courtage, etc.) et suit en temps réel la rentabilité de ses investissements. Il découvre en plus les métiers de la banque.

Former les employés
La formation des employés de Loto-Québec se passe en ligne. Le jeu Parcours résolument clients conçu par l’entreprise québécoise Ellicom reproduit l’environnement de travail des employés de la Société d’état. L’action se déroule d’ailleurs dans un casino fictif. Au cours de son parcours, le joueur discute avec les visiteurs du casino et met du même coup au défi ses connaissances en matière de service à la clientèle. Les situations sont inspirées de faits vécus dans un contexte réel de travail. On a eu recours à des mécaniques de jeu simples pour faciliter la rétention de l’information chez les employés.

Publié en septembre 2013

Une patronne pas comme les autres: Sophie Ducharme (La Presse)

Créatifs, motivants, passionnés: certains patrons ont l’étoffe des grands. Pour connaître leurs astuces, La Presse a lancé un appel à tous pour découvrir des dirigeants allumés et appréciés.

Un patron qui ne se prend pas au sérieux? C’est assurément le cas de Sophie Ducharme. La vice-présidente, fiducie et service-conseil, Gestion privée 1859 de la Banque Nationale du Canada mise sur l’authenticité et l’écoute pour gagner le respect de ses employés.

Notaire de formation – elle a reçu son diplôme de l’Université de Montréal en 1988 -, Sophie Ducharme a tôt fait de délaisser le droit pour faire le saut dans le milieu bancaire, où elle a occupé différentes fonctions depuis 1991.

Aujourd’hui, elle chapeaute une équipe de 30 experts multidisciplinaires (avocats, économistes, actuaires, fiscalistes, notaires, comptables et planificateurs financiers) à travers le Canada, qui répondent aux besoins des clients plus fortunés de la banque.

Sérieuse, mais pas trop

Sophie Ducharme n’a pas peur de s’entourer de gros ego. «Selon moi, il faut s’entourer de gens forts et plus forts que soi. Des personnes qui me complètent et en qui je peux avoir confiance. En entrevue, en plus des compétences et de l’expérience, j’analyse la personnalité du candidat, pour voir s’il s’intégrerait bien à l’équipe», dit-elle.

Sa devise? Travailler sérieusement, sans se prendre au sérieux. «Mon rire (fort!) est ma marque de commerce. Quand quelqu’un me cherche sur l’étage, il n’a qu’à tendre l’oreille pour entendre mon rire», souligne Sophie Ducharme.

De l’expertise

Elle croit qu’elle se distingue comme patronne par sa gestion qui est loin d’être hiérarchique. «Tout lemonde a son rôle à jouer. Les employés participent aux projets et je les consulte sur les décisions corporatives. Je les écoute vraiment. C’est réconfortant d’avoir l’opinion de gens qui sont à la fine pointe de leur expertise. On bâtit quelque chose ensemble», estime-t-elle.

Elle a d’ailleurs animé durant neuf ans une émission juridique et financière, où plusieurs personnes de son équipe ont été invitées. «Intervenir en direct à la télé, ça demande beaucoup de préparation. Cela a aidé mon équipe à développer encore plus son expertise», assure-t-elle.

Le plaisir est aussi un élément important pour Sophie Ducharme. «Quand on est heureux au travail, ça se transmet aux collègues et aux clients. Et en matière de rétention des employés, la recette du plaisir et de la passion fonctionne.»

Un style bien à elle

Ce n’est pas parce que Sophie Ducharme travaille dans un domaine un peu austère qu’elle l’est pour autant. «J’ai un faible pour la designer Sarah Pacini. Elle propose des vêtements chics, mais non traditionnels. Ma tenue n’est pas du type tailleur marine», illustre-t-elle en nous gratifiant de son fameux rire.

Elle croit dur comme fer qu’être différent est un plus. Le stationnement de l’institution bancaire est d’ailleurs rempli de voitures… et du scooter Vespa que conduit Sophie Ducharme.

Par contre, la différence n’a pas que des avantages. «Je ne suis pas autoritaire. Mon style détonne. Je suis restée moi-même et, à cause de tout cela, j’ai été moins prise au sérieux à mes débuts. Les grandes institutions bancaires commencent toutefois à accepter la différence. C’est aussi de moins en moins difficile de faire sa place comme femme dans ce milieu très masculin», croit-elle.

Paroles d’employé

«Sophie est exceptionnelle. Son originalité, son authenticité et son dynamisme sont contagieux et aident ses employés à évoluer avec brio. Merci de nous propulser et faire ressortir le meilleur de nous-mêmes!» – Nathalie Hotte, experte-conseil

Publié en juin 2013

Joindre l’utile au beau (La Presse)

Bien malin qui aurait pu prédire le succès de la chaise Série 7 ou de l’aspirateur Dyson. Ces produits se sont pourtant taillés une place de choix dans notre quotidien. Voici la petite histoire de quelques-uns de ces objets cultes.

Chaise Barcelona

Sans aucun doute la chaise la plus connue de l’architecte Ludwig Mies Van der Rohe – à qui l’on doit le Westmount Square à Montréal et la station-service nouvellement restaurée de l’Île-des-Soeurs. Elle a été conçue pour le pavillon de l’Allemagne de l’Exposition universelle de 1929 à Barcelone. Des deux chaises originales en acier chromé, il ne reste qu’un exemplaire, au Musée d’art moderne de New York. «On raconte que le roi et la reine d’Espagne, à qui les chaises étaient destinées, ne se sont jamais assis dessus! Le chef du protocole espagnol avait apparemment constaté qu’elles étaient inconfortables et leur avait déconseillé de les utiliser», explique Koenraad De Winter, professeur à l’école de design de l’UQAM, expert en design industriel.

Aspirateur Dyson

L’idée d’un aspirateur sans sac est venue à James Dyson alors qu’il rénovait sa maison de campagne: il remarque que le sac de son aspirateur se bouche et que l’aspirateur perd en aspiration. Le système de cyclone est, selon la légende, inspiré du cyclone d’une scierie, que James Dyson aurait aperçu. «Ses premiers prototypes étaient des assemblages de bouts de carton et de duct-tape», souligne Koenraad De Winter. Il lui faudra cinq ans et plus de 5000 prototypes pour arriver à un résultat qui le satisfait, en 1993. «Dans les cercles de design, on discute beaucoup du succès de certains designers ou manufacturiers. Personne n’a réussi aussi bien que James Dyson, dont la fortune est évaluée à 1,2 milliard de livres sterling», cite le professeur.

Thermos EM77

Le thermos EM77 est le successeur de la ligne Cylinda, qu’avait dessinée par Arne Jacobsen pour Stelton. En 1977, après la mort de Jacobsen, son fils adoptif a demandé à Erik Magnussen de dessiner un thermos complémentaire à la ligne. Le designer danois s’est inspiré d’une vieille méthode chinoise, qui consiste à mettre un cylindre comme contrepoids en dessous du couvercle, afin que le couvercle s’ouvre dès qu’on incline le pot. «Le thermos a connu un succès immédiat et il continue d’être très populaire, assure Koenraad De Winter. C’est rare qu’un article design soit produit en aussi grandes quantités. Il y a déjà plusieurs années, Stelton a fêté son millionième.»

Chaise Série 7

La chaise Série 7 date de 1955. «Tout simplement par le nombre produit, c’est un culte!», croit Koenraad De Winter. Elle est même la plus vendue au monde (plus de 5 millions sans compter les innombrables copies). C’est quand même ironique quand on pense que le danois Arne Jacobsen a admis s’être largement inspiré de Ray et Charles Eames pour dessiner la 7. La chaise empilable de bois plié est devenue célèbre après avoir été utilisée dans la célèbre photo de Christine Keeler prise par Lewis Morley. «Si on regarde bien la photo, on voit qu’en fait, ce n’est pas la chaise originale, puisqu’elle n’a jamais eu de poignée en haut du dossier. Il s’agit d’une copie.» Oui, une autre.

Publié en mai 2013

Bibliothèque Marc-Favreau : culture en Sol majeur (La Presse)

Oubliez l’image de l’antre poussiéreux: la bibliothèque Marc-Favreau, qui ouvrira finalement ses portes l’automne prochain, sera bien ancrée dans le XXIe siècle. Nouvelles technologies, luminosité et développement durable seront au coeur de la conception de cette bibliothèque résolument moderne.

C’est la firme Dan Hanganu architectes qui a remporté le concours d’architecture lancé en 2009. Gilles Prud’homme, architecte responsable du projet, ne manque pas d’enthousiasme lorsque vient le temps de parler de la bibliothèque.

«Sol a été très inspirant pour nous, dit-il. Nous avons tourné autour du personnage et de son costume rapiécé et nous avons réinterprété le motif de sa veste de jacquard.»

Pour faire le plein d’idées, l’architecte et son équipe ont visité quelques bibliothèques ailleurs dans le monde. «On ne fait plus une bibliothèque comme avant. Elle est devenue l’un des derniers lieux publics. C’est presque une place communautaire. Il faut revoir le concept, l’adapter aux nouvelles technologies», estime M. Prud’homme.

Sol bien présent

Le personnage de Marc Favreau sera bien en valeur dans le projet. À l’entrée, une immense colonne présentera l’image de Sol en perforation. «Des citations de Sol seront aussi affichées en façade et à l’intérieur de la bibliothèque», ajoute l’architecte.

L’oeuvre CONSTELLATION en SOL de l’artiste Adad Hannah ornera le jardin vertical intérieur. «C’est une installation sculpturale suspendue, composée de 22 impressions sur des panneaux transparents colorés à cinq côtés, qui rappelle le costume de Sol sans bloquer la lumière naturelle», souligne M. Prud’homme.

Trois espaces

Les visiteurs seront accueillis par un motif imprimé dans le verre et l’aluminium à l’angle de la rue Saint-Vallier et du boulevard Rosemont. La façade imposante servira également de toile de fond à des animations conçues par la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal. C’est dans cet espace, que Gilles Prud’homme nomme la Lanterne, que seront logées les salles multimédia et polyvalente.

«Tout le long de Saint-Vallier, des lames de verre se succéderont sur la paroi du Coffre, où seront placés les livres», explique l’architecte. L’intérieur sera en bois blond. Selon l’arrondissement, plus de 110 000 livres, périodiques et documents électroniques seront disponibles.

Tous les membres de la famille auront leur place. Les tout-petits pourront assister à l’heure du conte, et les salles de classe accueilleront les groupes d’écoliers en visite. Les adolescents auront des salles de création et les adultes pourront se retrouver dans une des salles de lecture.

Le Cristal, aussi vêtu de verre, sera lieu de repos avec vue sur le futur parc Luc-Durand, qui s’installera dans le creux derrière la bibliothèque. Le café, en continuité avec le jardin, s’ouvrira sur l’espace vide central, où se trouveront un escalier et un ascenseur panoramique. Une terrasse sera aussi mise à la disposition des visiteurs.

L’architecte est confiant que la bibliothèque recevra une certification environnementale LEED Argent à sa livraison. «Nous avons notamment utilisé des matériaux régionaux, minimisé l’utilisation de conduits et d’isolant et récupéré les matériaux de la construction.»

Intégration urbaine

L’ancien bâtiment adjacent du 700, Rosemont sera aussi intégré au projet. «La moitié de l’édifice en maçonnerie sera occupé par la bibliothèque», précise Gilles Prud’homme. Les services administratifs et le comptoir de service s’y installeront, avec toute la mécanique du bâtiment.

La bibliothèque fait partie d’un grand projet de mise en valeur du quadrilatère qui comprend plusieurs habitations. Le site Bellechasse, juste à l’ouest, fait également l’objet d’un projet de planification.

Publié en mai 2013

Comment bien vivre “petit”? (La Presse)

Studio, minuscule trois-pièces: on peut se sentir vite à l’étroit si son petit nid est mal aménagé. Voici quelques trucs et astuces pour tirer le maximum des petits espaces.

1. Choisissez des meubles adaptés

Les meubles massifs n’ont pas leur place dans un espace restreint. «Mieux vaut miser sur des meubles épurés, adaptés à l’espace dont on dispose», explique Natalie Lévesque, designer en chef chez idéco. Attention, toutefois, de trop petits meublesdonnent l’impression d’un lieu pas encore aménagé.

Les meubles multifonctions sont l’idéal pour optimiser l’espace. Pensez au bureau qui se transforme en lit, à la table basse qui fait aussi office de table à manger ou à la base de lit qui sert aussi d’espace de rangement.

2. Divisez vos espaces

«Créer des zones est judicieux dans un petit espace», estime Natalie Lévesque. Une pièce peut très bien servir à la fois de bureau, de lieu pour recevoir les amis et d’espace privé. La designer suggère notamment de délimiter le coin bureau avec une murale ou un pan de rideau sur des rails posés au plafond.

Katerine Daoust, designer pour Adornetto Daoust, propose de son côté les demi-cloisons. «Ça permet de séparer les espaces tout en continuant à voir le plafond», dit-elle.

3. Créez des jeux de hauteur

Pour donner une illusion de grandeur, rien de mieux que de penser à la verticale. «En Europe, où les appartements sont bien souvent plus petits qu’ici, ça se fait beaucoup», rappelle Natalie Lévesque. Une idée de la designer: aménager une mezzanine et profiter du vide en dessous pour installer le coin-cuisine.

Prolonger les étagères jusqu’au plafond amènera aussi le regard vers le haut tout en procurant plus d’espace de rangement.

4. Pensez à l’éclairage

Si un éclairage judicieux est primordial en décoration, ce l’est encore plus dans un lieu restreint. Tout comme les cloisons, l’éclairage peut délimiter des zones spécifiques. On peut par exemple illuminer au maximum les zones de repas et de travail, et choisir une lumière plus tamisée pour le coin détente.

L’éclairage indirect – une veilleuse ou une petite lampe dans une bibliothèque notamment – est également un allié des petits espaces.

5. Osez les accessoires colorés

On n’y échappe pas, les murs blancs ou pâles trônent en maîtres dans les petits appartements. «Pour les inconditionnels de la couleur, je conseille de miser uniquement sur les accessoires, pour donner du punch», souligne Katerine Daoust. Jouer avec les textures, comme avec l’ajout de moulures de la même couleur que le mur, est également une bonne idée.

6. Privilégiez les matériaux épurés

Certains matériaux, comme le bois clair et le verre, agrandissent l’espace. «La laque, qui reflète la lumière, est vraiment un bon choix», ajoute Natalie Lévesque. Évidemment, le miroir est aussi une bonne idée.

7. Ajoutez du rangement

Le fouillis peut faire paraître un appartement bien exigu. Exit le grand bibelot reçu il y a trois ans qui prend la poussière.

Selon Natalie Lévesque, «les bibliothèques fermées, où tous vos trucs sont rangés à l’abri des regards, sont à privilégier». Les paniers ou les boîtes sont des façons simples et économiques de ranger vos choses hors de la vue. Les meubles encastrés sur mesure constituent une autre option.

Suggestions pour petits espaces :

Console-table Goliath

La console-table Goliath, de Resource Furniture, s’étend de 17 à 115 pouces grâce à son mécanisme télescopique en aluminium. Plusieurs finis sont aussi offerts. Fraser détient l’exclusivité pour la vente de ces produits au Québec.

Laveuse-sécheuse Fagor

La laveuse-sécheuse Fagor a l’avantage de combiner deux appareils en un seul pour économiser de l’espace. L’unité à chargement frontal se branche sur le 220 volts, comme les électroménagers traditionnels. Elle est notamment vendue chez Corbeil électroménagers et Ameublement Tanguay.

Pouf de rangement Candy

Le pouf noir et blanc aux formes arrondies se fait discret, tout en s’agençant à tous les espaces et en dissimulant jeté, magazines et autres petits objets. En vente chez Mariette Clermont.

Murale Muralunique

Parfaite pour les appartements en location, la murale peut délimiter une zone tout en donnant du style. La murale, préencollée, se pose en moins d’une heure, s’enlève à sec en quelques minutes et est réutilisable. En vente chez Muralunique.

Publié en avril 2013

Zaha Hadid : une femme parmi les grands (La Presse)

Depuis quelques années, Zaha Hadid redessine la Chine de demain. Après l’Opéra de Canton, le centre d’art de Chengdu et des centres commerciaux à Pékin et Shanghai, la «starchitecte» d’origine irakienne a récemment posé sa marque sur le Galaxy SOHO, un vaste complexe au design futuriste qui semble tout droit sorti d’un film de science-fiction.

Même selon les normes de Pékin, le complexe de béton a de quoi impressionner. Lors de l’inauguration en octobre dernier, Zaha Hadid a dit s’être inspirée des dunes, rivières et autres caractéristiques naturelles du paysage chinois pour concevoir le projet. Le résultat? Quatre bâtiments fluides en forme de dôme, tout en courbes, reliés par des ponts aux formes organiques.

Pour Zaha Hadid et son armada d’architectes – elle en emploie plus de 350 -, la complexité résidait dans les dimensions du bâtiment: 330 000 mètres carrés d’aluminium et de verre isolé. Il fallait «trouver une nouvelle façon de créer une grande masse, puis de la briser. Un peu comme prendre un rocher et le découper, avec des strates et des lignes de contour comme une chaîne de montagnes», a expliqué la maître d’oeuvre du projet. Pari gagné puisqu’en regardant rapidement l’édifice composé de volumes distincts, on pourrait croire la façade en mouvement.

Au rez-de-chaussée, les grandes cours intérieures sont le reflet de l’architecture chinoise traditionnelle, avec des espaces ouverts en continu. Puis, les commerces occupent les trois étages inférieurs, tandis que les espaces de bureaux sont aux suivants. Au sommet, bars et restaurants permettent de profiter d’une vue panoramique sur la ville.

L’édifice de 15 étages a reçu la certification LEED Argent pour ses différentes caractéristiques vertes, comme l’utilisation de l’éclairage naturel et son enveloppe étanche qui retient la chaleur.

Entre Hadid et la Chine, c’est l’amour

L’architecte irakienne n’en est pas à ses premières armes en Chine – ni dans le reste du monde d’ailleurs. Le pays occupe une place importante dans le coeur de Zaha Hadid depuis son premier voyage en 1981. Sa firme est ainsi engagée dans plus de projets en Chine que nulle part ailleurs.

En octobre, devant plusieurs milliers de Chinois, elle a affirmé: «Nous avons toujours pensé que nous pouvions faire quelque chose d’extraordinaire ici. Maintenant, c’est le bon moment, et c’est le bon endroit.»

À 62 ans, Zaha Hadid est l’une des seules femmes à figurer au panthéon des architectes. D’origine irakienne, elle travaille aujourd’hui à Londres, sur des dizaines de projets à la fois.

On lui doit certaines des réalisations les plus audacieuses des dernières années, comme le Centre aquatique des Jeux olympiques de Londres en 2012, le musée Guggenheim de Taïwan, les tours Signature de Dubaï ou encore le musée Riverside de Glasgow.

En 2004, elle a été la première femme à recevoir le prestigieux prix Pritzker (l’équivalent du Nobel pour l’architecture). La reconnaissance couronne l’une des plus grandes architectes du déconstructivisme, un mouvement qui refuse la trop grande rationalité et l’ordre linéaire de l’architecture moderne.

Bien qu’elle ait longtemps été dédaignée, plus rien ne semble pouvoir arrêter Zaha Hadid, qui a le vent dans les voiles et toujours plus de projets dans ses cartons. La Presse l’a questionnée au sujet de son parcours.

Quels sont les défis d’être une femme architecte?

C’est un métier très ardu. Peut-être que c’est mon caractère flamboyant plutôt que le fait d’être une femme qui m’a donné une telle détermination à réussir. J’ai toujours été extrêmement déterminée. Maintenant, j’ai un certain succès, mais ça a toujours été un combat.

On voit de plus en plus de femmes architectes établies et respectées, et 50% des étudiants en première année d’architecture sont des femmes. Cela ne signifie pas que c’est facile. Mais au cours des 15 dernières années, il y a eu d’énormes améliorations.

Quel type de projets préférez-vous?

Quelle question difficile! Je suis incapable de choisir. Chacun de mes bâtiments représente un nouveau défi. C’est comme demander à un parent qui est son enfant préféré!

C’est toujours très gratifiant de voir un projet ambitieux devenir réalité. Après de nombreuses années de travail sur un projet, j’en connais tous les détails. Mais ce qui demeure stimulant, c’est que peu importe combien de temps je dessine et redessine un bâtiment, il y a toujours des moments fascinants et inattendus en cours de projet. Je ne peux pas tout prévoir et j’ai chaque fois un sentiment de découverte.

Vous avez créé des bâtiments partout dans le monde. Avez-vous déjà travaillé au Canada?

Oui, j’ai déjà participé à plusieurs concours d’architecture au Canada. J’aimerais beaucoup y construire un projet, un jour.