Publié en août 2015

Vivriez-vous dans moins de 1000 pieds carrés ? (Avenues)

Antithèse du rêve américain, la mini-maison (qu’on appelle tiny house en anglais) a vu le jour au début des années 2000 chez nos voisins du Sud, mais a véritablement pris son envol après la crise immobilière de 2008. Le mouvement fait maintenant une percée au Québec.

Qu’est-ce qu’une mini-maison?

Phénomène occidental, la mini-maison a une superficie de moins de 1000 pieds carrés. Il existe également des micro-maisons, qui ne dépassent pas la barre des 500 pieds carrés. C’est tout un changement quand on sait qu’au Canada, la maison unifamiliale moyenne compte 1900 pieds carrés. Au sud de la frontière, celle-ci mesure 2679 pieds carrés.

On retrouve des mini-maisons construites sur roues (alors considérées comme des remorques qu’il faut immatriculer), sur pieux ou sur fondations. Certains modèles sont faits de modules préfabriqués, ou même avec d’anciens conteneurs. Le style varie, mais les matériaux recyclés sont souvent à l’honneur. Leur prix est généralement abordable, de 40 000 à 100 000 $.

Est-ce pour vous ?

Accès à la propriété, endettement, surconsommation, environnement : la mini-maison semble être la solution à bien des problèmes. Si la maison lilliputienne s’adresse à tous, elle charme surtout les baby-boomers et les jeunes. À l’approche de la retraite, les premiers ont tendance à réévaluer leur mode de vie. Vendre leur demeure leur donne l’occasion de payer comptant une maison plus petite… et d’ainsi mieux profiter de la vie.

La mini-maison permet également aux jeunes adultes d’accéder à la propriété sans se ruiner. Les plus écolos d’entre nous sont aussi attirés par le phénomène, l’exiguïté des lieux réduisant considérablement la facture énergétique. Sans compter que la somme des matériaux nécessaires à la construction d’une maison deux fois plus petite que la moyenne est moindre, ce qui réduit du même coup l’empreinte environnementale.

Les municipalités encore réticentes

Les intéressés par une maison minuscule pourraient toutefois avoir de la difficulté à trouver un terrain où s’installer. Lanthier, dans les Laurentides, a néanmoins modifié sa réglementation, faisant passer la taille minimale d’une habitation de 750 à 350 pieds carrés. Le premier projet de mini-maisons, Les Hameaux de la Source, piloté par l’entreprise Habitat Multi Générations, a reçu le feu vert de la municipalité.

Le projet est conçu en P3D, pour projet de développement domiciliaire durable. La moitié de la superficie du P3D est conservée à l’état naturel ou utilisée pour un aménagement collectif. Le reste est occupé par des ensembles de six lots, appelés hameaux. Astucieux, le regroupement permet de partager les coûts de certains services municipaux, comme la fosse septique. Au centre, un espace collectif peut être utilisé comme serre, comme poulailler ou comme terrain de jeux pour enfants.

D’autres entreprises d’ici développent des mini ou même des micro-maisons. C’est le cas de Lumbec, qui a présenté son joli modèle au premier Festival des mini-maisons, qui se tenait les 24, 25 et 26 juillet derniers. L’initiative vient du site web http://www.minimaisonquebec.com, qui se targue d’être le portail du mouvement dans la belle province.

Habitations Microévolution offre aussi de menues maisons clé en main. Malgré ces quelques initiatives, les villes du Québec demeurent frileuses face au phénomène. Les réglementations tardent à être modifiées. Le propriétaire de Lumbec invite de son côté les gens à envoyer une lettre à leurs élus pour leur démontrer les avantages de la mini-maison et leur signifier leur intérêt pour une maison miniature.

La mini-maison compte de nombreux bons côtés. Mais vivre dans un espace si restreint ne convient pas à tout le monde. Le texte très rigolo de Lauren Modery à ce sujet, «Dear people who live in fancy tiny houses» (malheureusement disponible en anglais seulement), résume d’ailleurs bien les inconvénients de ce mode de vie.